Impressions de Chine

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Du 11 au 14 juin 2018, le Hall des Maréchaux du Musée des Arts décoratifs a été le théâtre d’une exposition présentant le paradoxe chinois entre monde moderne et histoire pluri-millénaire. Cette exposition organisée par Art Exhibitions China en coopération avec l’Académie Franco-chinoise d’Art et de Culture était articulée en deux parties très différentes ayant toutes deux vocations à mettre la modernité au service de la préservation et de la diffusion de la culture chinoise traditionnelle.

Au premier étage, les visiteurs ont eu le plaisir de découvrir de nombreuses pièces en provenance des collections de prestigieux musées chinois comme le musée du palais impérial ou encore du mausolée de l’Empereur Qin de Xi’an. Entre reconstitutions, échelles réduites et pièces authentiques, les visiteurs ont pu traverser les ans et les dynasties pour avoir une image globale de l’artisanat et de l’art au fil de l’histoire de Chine. Mais le joyau de cette première partie de l’exposition était sans conteste les œuvres de joaillers Ling FangChu et CuiHua. Ces deux maisons de joaillerie mettent chacun à leur manière un point d’honneur à redonner vie aux à l’art traditionnel de la bijouterie chinoise.

_DSC3455La collection proposée par la maison CuiHua, anciennement joaillier de la famille impériale sous la dynastie Qing, regroupait de nombreuses parures d’or et de plaqué or réalisées en filigrane, ainsi que des pièces plus surprenantes comme un petit sac à main en or, ou un ensemble de tasse inspirée des tasse traditionnellement utilisées lors des cérémonies de mariage par les deux jeunes époux. Mais la pièce qui a sans nul doute le plus marqué les visiteurs est un coq réalisé en or à la main qui a nécessité les efforts de 6 personnes pendant plusieurs mois avant que ses plumes tout en transparence ne le fassent paraitre vivant.

La collection de Ling FangChun, joaillière Taiwanaise, est habituellement exposée au musée de Taipei. Elle est basée sur l’intéressant concept de remettre au gout du jour diverses pièces antiques exposées dans des musées en Chine en réalisant un bijou. Ainsi, les créations de Ling FangChu s’inspirent souvent de bijoux existants, comme c’est le cas d’un collier impérial réalisé autour d’une imposante tourmaline maintenue par deux dragons d’or sertis de diamants. Mais certaines inspirations sont plus surprenantes, comme la peinture qui a inspiré un ravissant sautoir représentant un phénix paré de perles et d’émeraudes, ou encore les protèges ongles de l’Impératrice Cixi astucieusement intégrés à une parure de perle de deux rangs.

Si le premier étage présentait des œuvres d’art traditionnelles remises au goût du jour, l’atmosphère du second étage changeait du tout au tout, plongeant le visiteur dans l’effervescence des nouvelles technologies chinoises. Le but cependant ne changeait pas : diffuser et protéger les savoirs faire et la culture traditionnelle chinoise. C’est l’objectif que Tencent, entreprise spécialisée dans le digital, c’est fixé au travers des différentes innovations présentées au deuxième étage du Hall des maréchaux. _MOB1235Si l’hologramme de phénix qui accueillait les visiteurs aura sans nul doute marqué les esprits, les applications développées par Tencent notamment dans le cadre du concours d’innovation « Next Idea » n’en valait pas moins le déplacement. L’application 博物管 Bowuguan a vocation à faciliter l’accès à la culture chinoise en permettant de scanner les objets exposés dans les musées afin d’en obtenir une version 3D sur son smartphone ainsi que quelques explications complémentaires, ce qui permet d’observer l’objet sous toutes les coutures et d’en apprendre plus à son sujet. L’exposition présentait également des moyens plus ludiques de se familiariser avec les savoirs faire ancestraux chinois, comme le jeu de casse-tête basé sur la technique architecturale de la mortaise. Cette technique consiste à découper les pièces de bois pour qu’elles s’emboitent, évitant le recours aux clous et vis. Au travers de ce jeu présenté en avant-première à l’exposition, les visiteurs ont pu se mettre dans la peau d’un architecte préparant ses pièces pour réaliser les toitures merveilleuses de la Cité interdite ou du palais d’été.

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Avec ses deux parties reflétant le paradoxe entre tradition et modernité, l’exposition « Impressions de Chine » a su séduire les visiteurs.

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